Les images du souvenir

PARISARTISTES#2016

A l’occasion de l’évènement, l’écriture et sa mise en scène sont venus se confronter aux images dans l’espace d’exposition de Anggy Haïf.
Le texte de Jenna Charmasson Origine du corps, Performance pour trois voix a été écrit librement à partir de l’observation de la série de dessins jusqu’à l’endroit où la vague éclate.
Entre dialogue et analyse d’image, cette réflexion poétique aux allures de pièce de théâtre, a donné lieu à une création sonore conçue et interprété par le comédien Arthur Provost.
L’exposition prend ainsi corps dans ce dialogue à trois, en confrontant dans un même espace-temps le dessin au texte et le texte à sa mis en forme sonore et spatiale.

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CHATS, CHIENS ET AUTRES ANIMAUX DOMESTIQUES

Aquarelles

Aquarelle
Papier coton
2016

CHATS, CHIENS ET AUTRES ANIMAUX DOMESTIQUES

Encres de Chine

Papier japon marouflé
2016

 

 

 

 

Paysages

Distances plates

crayon de couleur / Adobe Photoshop
Impressions numériques
Formats variables
2014

Not a Museum

La salle de jeu

installation in situ
techniques mixtes
2014
L’installation a été réalisée à l’occasion de l’exposition collective «Not a Museum, Aesthetic suspicions lab» organisée par la Fondation de Vladimir Smirnov et Konstantine Sorokin dans le cadre du Programme Parallèle de la Manifesta 10 à St Pétersbourg.
L’installation qui occupe principalement le sol de deux salles, semble soumise à l’apesanteur, elle attire systématique les corps vers le bas.
Ici l’horizon est renversé, il ne se situe plus devant mais en-dessous, à notre portée, dans notre espace. Et c’est celui-ci que nous sommes invités à inspecter. Là où les volumes s’aplatissent sous notre regard plongeant.
La genèse et la structure de ce projet, ce sont les lignes-limites. Elles apparaissent de la confrontation de deux zones, elles surgissent entre le bleu et le blanc des pierres répandues au sol, entre les étages du bâtiment en construction, entre les deux pages du carnet de croquis, entre la pâte à modeler bleue et le rebord blanc du coquillage, entre les murs des deux salles où de l’argile encore humide déborde.
Mais cet « entre-deux » est aussi celui où le geste est rendu visible, et où les figures ont peine à prendre forme. On hésite, on ne sait pas précisément s’il s’agit là d’apparition ou de disparition. A l’image du bâtiment les figures émergent discrètement d’un objet ou d’une matière mais sans jamais se cristaliser.
En arrière fond, c’est un jeu libre qui orchestre l’ensemble de l’installation. Les gestes de l’art s’apparentent ainsi avec la simplicité des bricolages enfantins où priment la connaissance par l’expérience, à travers des expérimentations curieuses, dont la pulsion mimétique constitue le moteur. On observe, on imite, on s’approprie le visible à travers le prisme des matériaux, on le réordonne tout en conservant sa propre économie.
Cette interaction intime de l’art avec la pulsion créative de l’enfance est exemplifiée par la disposition au centre de l’espace de 200 sculptures miniatures en pâte à modeler, librement inspirées du tableau Les Jeux d’enfants de Bruegel qui hante l’ensemble de l’installation.
L’imaginaire s’y déploie au grès d’une approche dispersée que rappellent les interactions des personnages ocres et bleus, dont les couleurs rejouent celle du tableaux et identifient les genres des enfants esquissés par Bruegel.

“…la faute d’orthographe désignait les limites de la conduite irréprochable d’Adèle.”

Маrie Briffa, Kirill Makarov, Evgeni Dedov 2015

Manifesta 10, Programme Parallèle, Gallerie Nieppokorennie, St Pétersbourg, Russie

– Texte imprimé sur A4 avec traduction anglaise et russe
– Armatures métalliques
– Ecran télévision et animation vidéo
– Planche et tabouret médium

Ce projet est issu d’une collaboration artistique franco-russe et s’articule autour d’une réflexion sur le fragment. Celui-ci est appréhendé en tant que mode opératoire dans la construction d’images, dont la réalité contemporaine est peuplée. Le lieu de l’entreprise, auquel appartient l’espace d’exposition, constitue également le point de départ de ce projet. Ici, la spécificité du lieu et du contexte de l’exposition travaillent ensemble pour brouiller les pistes entre réel et fiction.

Tandis que les armatures en métal renvoient à la totalité de l’espace -sans pour autant lui appartenir- les séquences de l’animation vidéo anticipent une forme plus solide, évoquant le mode d’articulation des images du désir. L’expérience d’observation de l’espace à laquelle le visiteur est soumit, présente d’étroites similitudes avec celle du narrateur du texte qui lui est destiné. L’espace fonctionne ainsi comme une matrice permettant l’articulation de ces fragments que seule rend possible l’expérience active d’un visiteur. Celui-ci est invité à s’emparer de l’espace et à dégager un sens à l’agencement d‘objets inclus dans son champ de vision à travers la production de projections mentales et d’analogies. Pensée et imagination sont ainsi conjointement convoquées.

Peu à peu, à travers l’esthétique très quotidienne de ces différents objets, émerge l’image fuyante d’Adèle. Ici, les rôles et les identités restent incertains. Les employés sont sans le savoir exposés au regard du visiteur, à qui est librement laissé le choix de son implication au sein de l’exposition. Et cela, parce que le texte constitue la source d’imagerie principale et redistribue le regard du visiteur. Ainsi, l’image d’une femme se mêle vaguement à celle d’un visiteur, ou d’un employé égaré qui apparait derrière la porte vitrée.

C’est sous l’emprise du processus d’identification dans lequel le texte nous fait entrer, que la zone s’anime et dévoile la nécessité d’une immersion plus intime. Une énigme est formée, fabriquée dans l’algorithme du processus artistique. Tel un croquis, qui pour un court laps de temps lève le voile sur le paysage futur d’une expérience nouvelle, nous proposant de ressusciter des spectres collectifs.

jusqu’à l’endroit où la vague éclate

Série de 5 dessins
crayon de couleur sur papier
2014

En téléchargement
L’origine du corps, texte poétique réalisé par Jenna Charmasson à partir de la série de dessins
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L’atelier, 230 x 160 cm
La conversation, 100 x 70 cm
Le petit déjeuner, 190 x 130 cm
La plage, 160 x 150 cm
L’étendoir, 100 x 150 cm

La suite de dessins investi le champ du dessin et effleure celui de la peinture. Mêlant les approches complémentaires du croquis, du collage, de l’ébauche et de l’esquisse, ce travail résulte d’une succession d’opérations réalisées dans des médiums et des matériaux différents. Il s’agit de mettre l’image à l’épreuve, en rejouant les étapes traditionnellement utilisées dans l’élaboration d’une peinture. Ce processus de travail entraîne une mutation des figures, selon les caractéristiques des médiums dans lesquels celles-ci ont transité. A l’issu de cette succession de transpositions, la scène narrative d’origine se voit sensiblement désarticulée. Se décalant de la figuration, elle repousse ses figures vers des surfaces colorées, pleines ou vides, ouvrant sur de nouveaux espaces…